Valise perdue : liberté entrevue !
Mardi, 08 Juillet 2008 23:31
Hawaii : tous les étés nous "transhumons" vers cet archipel perdu au milieu de l'océan pacifique. Pour nous c'est l'île de la famille, le paradis des cousins pour les enfants, celui des plantes et du yoga pour moi. Chaque année ce voyage nous réserve des surprises (Oups ! Un passeport périmé... , Oups, notre vol a été annulé...) : c'est notre lot, le paradis se mérite. Cette année, notre surprise nous attend à l'aéroport de San Francisco...
"Oups, votre deuxième valise
(la mienne !) ne vous a pas suivi. Ne vous inquiétez pas, elle vous
sera livrée demain à domicile à Honolulu", nous rassure le service
des réclamations de
United Airlines. Il est trois heures du matin, heure de Paris ;
on ne s'inquiète pas, on veut juste dormir.
Le lendemain, reposé, douché, réhydraté, on se sent prêt à
reprendre le cours de notre vie terrestre et à commencer nos vacances.
Je rêve de robe légère parce que vraiment, moins il y a
d'épaisseur de tissu entre moi et les alizés, mieux c'est . Mais pour
l'instant pas de nouvelle de valise N°2, j'en suis réduite à mes
vêtements de voyage : un jean et un
tee-shirt qui ont plus de 18 heures de vol... Heureusement je
retrouve dans la journée un sac de voyage avec quelques vêtements d'été
que j'avais laissé là l'été dernier : une jupe, une robe, un maillot de bain, 2 tee-shirts et un
short. Pas très excitant mais de quoi survivre quelques jours. Je survis effectivement et plutôt bien. Ma vie me semble même plus simple. Plus d'interrogation existentielle le matin : "Qui suis-je ?
Où vais-je ? Que vais-je porter aujourd'hui ?" Je mets ce qui est
propre, je lave ce qui est sale et je remets quand c'est sec ; ça me libère un temps de cerveau disponible incroyable !
Ce merveilleux sentiment de légèreté me donne à réfléchir : et si je
n'avais pas besoin de tout ça... De mes robes d'été, de mes blouses
fleuries, de mes adorables bermudas, de mes spartiates bleu roi ? Dans
cet état profondément troublé mon neveu le surfer Dude
philosophe me
montre l'horizon : "Do you know the "100 Thing List" ? Man, check it
out, it's powerfull stuff !"
OK Dude... Et là je découvre un nouveau mouvement Grass Root en train d'émerger de la côte ouest américaine : la "liste des 100 choses", ou comment vivre avec l'essentiel et reléguer l'inutile aux oubliettes. Rien de nouveau sous le soleil de Waikiki si on y songe : les boudhistes ne recommandent-ils pas de ne garder que 8 possessions parmi lesquelles 2 robes et un bol de prière ; et ce grand gourou du design contemporain qu'est Terence Conran n'a dit-il pas confié dans sa grande sagesse " Ne gardez que ce qui est beau ou utile" ; lui même inspiré du mantra absolu du minimalisme : "Less is More" ? Mais ce mouvement là est plus humain, moins extrême : moins qu'un mouvement, c'est plutôt un débat. Check-it out Dude !
À ce stade d'illumination, j'espère que N° 2 s'est égarée au Congo ou a été écrasée par un 747. Je n'en veux plus. J'ai tout ce qu'il me faut.
Mais non, c'est bien elle qui arrive 5 jours plus tard : elle est étrangement glacée (est-elle allée jusqu'au pôle Nord ?) et quand je l'ouvre, tout est froid à l'intérieur. Tout est là : je retrouve ma robe taille empire, mes spartiates, ma tunique fleurie et plein d'autre "trucs" sans lesquels je n'imaginais pas pouvoir partir 7 jours plus tôt. Je déballe, je range le tout dans les placards et je m'assieds sur le lit. La mauvaise humeur monte. Ce sentiment pesant, je le reconnais : c'est celui du dégoût de moi-même qui m'envahit quand je reviens d'une excursion shopping et que je me rends compte que, Oh surprise !, j'ai déjà un haut à manches longues violet cardinal encolure bateau. Ma légèreté a disparu. J'ai entrevu la liberté, celle que procure le "juste assez" et je ne veux plus du "trop plein".
Il est temps de me faire une liste.
| < Préc | Suivant > |
|---|
Les plus lus
La Maison Bio
A méditer...
La folie, c'est de se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent.
- Albert Einstein |