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Le Perchloroéthylène, le solvant du pressing au coin de la rue : vous connaissez ? L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) nous révèle que c'est un produit hautement toxique pour l'environnement et les milieux aquatiques, cancérigène probable pour l'homme (CIRC, 1995), irritant des voies respiratoires et neurotoxique. Récemment mis à l'index par la secrétaire d'état à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, elle a prévenu que les contrôles allaient se renforcer. Depuis Janvier 2007, l'état de Californie est devenu le premier état à voter un retrait progressif des machines de nettoyage à sec au perchloroéthylène.
Devant la prise de conscience des dangers du Perchloroéthylène, la question qui se pose est celle des alternatives.
Les alternatives au Perchloroéthylène
Le nettoyage au CO2 liquide : développé en 1994 en collaboration avec l'Agence pour l'Environnement Américaine (EPA) ce drôle de système permet d'utiliser le CO2 des émissions industrielles et agricoles dans un détergent très efficace et non-toxique. Cependant il est plus cher et les détergents utilisés contiennent des Composés Organiques Volatiles (COV).
Le "siloxane" , solvant nouvelle génération. Dévelopé par Green Earth dans les années 2000, c''est un composé de silicone, produit dérivé de la pétrochimie. Green Earth affirme qu'il « représente le futur de l'industrie du nettoyage à sec » et ses partenaires General Electric et Procter et Gamble sont bien décidés à faire pencher l'industrie du nettoyage à sec tout entière de ce côté-là. Il est sans odeur, ne produit pas de vapeurs toxiques et détache tout tissu aussi bien sinon mieux que le Perchloroéthylène. Cependant ni l'Agence de l''Environnement Américaine (EPA) ni la Coalition pour l'Air Propre (Coalition for Clean Air) n'a encore accordé de label vert à la technologie GreenEarth et demandent de nouveaux tests. Cette technologie arrive en France où deux pressings ont déjà été ouverts.
Le "Wet Cleaning" (traduit au Canada par "nettoyage multitraitement"). C'est une technique de blanchissage sophistiquée qui utilise de l'eau et des détergents biodégradables dans des machines à laver informatisées. Une version modernisée de la blanchisserie de nos grands-mères. Cette technologie est gourmante en main d'oeuvre ce qui la rend un peu plus chère que les autres, A Chicago, dans une banlieue sinistrée par le chômage, un projet pilote impliquant la ville et les organismes sociaux de réinsertion ont ainsi ouvert un Wet Cleaning offrant du travail aux mères célibataires et autres populations paupérisées. Ce pressing vert est aujourd'hui un modèle du genre qui a fait des émules dans différentes villes des US.
Et pour nous français ?
Il semblerait que les choses commencent à bouger : deux pressings GreenEarth sont ouverts en région parisienne et d'autres devraient ouvrir prochainement dans toute la France. Et si vous voulez du Bio de chez Bio, vous adopterez la Blanchisserie de l'Arc en Ciel, rue du Couedic (Paris 14ème) ; on y lave tout à l'ancienne : au savon de marseille et ...aux noix de lavage indiennes ! Un retour à la blanchisserie de nos grands-mères qui fait son succès. On vient parfois de l'autre bout de Paris pour confier aux "blanchisseuses" de l'Arc en Ciel les précieuses dentelles et les tailleurs Couture. La révolution du nettoyage à sec est en marche. Et si le "bon vieux Perchlo" reste la seule solution, on vous conseille de faire prendre l'air à vos vêtements hors de leurs housses (et à l'air libre) avant de les porter.
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Rencontre avec le premier Pressing Ecologique de France
Madame Quetel n'a rien d'une écologiste militante, d'ailleurs elle ne fait pas ses courses au magasin Bio du coin : « Le pain à 3 euros, non merci ! ». Elle fut pourtant la première en France à ouvrir un pressing sans "perchlo" au Perreux-sur-Marne : Le premier pressing écologique de France.
Première impression en rentrant : ça ne sent rien. Sur le comptoir de jolies jacinthes dans un bac en zinc annoncent le printemps. Une énorme machine Firbimatic fixe le client de son hublot de verre : c'est la première machine de ce type vendue en France, celle qui permet l'utilisation de ce solvant nouvelle génération : le GreenEarth, à base de silicone. Utilisé depuis longtemps dans l'industrie cosmétique le D5 a une densité proche de l'eau, il est incolore, inodore et d'une parfaite innocuité. Si l'on en croit la propriétaire des lieux. le gel de silicone du Green Earth n'agresse pas la fibre, ravive les couleurs et rend le repassage plus facile. Les inconvénients : des cycles de séchage plus longs car contrairement au « perchlo » ce solvant n'est pas volatile et s'évapore moins vite. Pour un coût identique à celui du pressing traditionnel, le résultat est apprécié des clients qui, selon Mme Quetel, aiment la douceur du fini.
« Je suis mère de deux enfants et j'ai l'impression de faire quelque chose de bien pour mon environnement, explique-t-elle. Les clients sont ravis et j'ai doublé mon chiffre d'affaire en deux ans. Si c'était à refaire je ne changerais rien. » Les employés du pressing ont également l'air d'apprécier : «Avant je travaillais avec du « perchlo» me confie l'une d'elle, je finissais la journée avec la tête comme un choux-fleur ». Mme Quetel regrette cependant l'immobilisme et la méfiance de la profession, habituée « au bon vieux perchlo ». Pourtant, elle pourrait bien faire des émules et confirme qu'elle reçoit de nombreux coups de fils de propriétaires de pressings qui se disent tentés par l'aventure. Mme Quetel a le sourire : « De toute façon, je n'aime pas faire comme tout le monde».
Le Pressing du Pont de Bry, Le Perreux-sur-Marne, 01-43-24-14-73
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Ressources :
http://www.thegreenguide.com/
http://www.inrs.fr/
http://www.blanchisserie-arcenciel.com/
http://www.treehugger.com/files/2005/06/green_dry_clean.php
http://archive.greenpeace.org/toxics/reports/gopher-reports/dryclfc.txt
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