|
Après le tout chimique : le tout végétal ? Pendant longtemps la chimie nous a rassuré : souvenez-vous des chimistes en blouses blanches et des doubles hélices d'ADN des anciennes publicités pour crèmes anti-rides. Aujourd'hui le vent a tourné et c'est le monde végétal qui est en charge de nous faire rêver et acheter. Alors pourquoi le tout végétal serait-il meilleur que le tout minéral ? Réponse ici.
Aujourd'hui il suffit d'une feuille verte ou
d'une fleur sur le packaging pour nous assurer du « naturel » de la
mixture. La réalité est bien sûr tout autre et seule l'âpre liste INPI (la composition de la crème) dit la vérité.
Qu'ils soient bio ou issus de l'industrie cosmétique traditionnelle, tous les produits de soin sont composés de la même manière : un mélange d'excipients (imaginez vos ingrédients de base en patissserie : oeufs, farine, levure...) et de principes actifs (le chocolat si vous faites un gâteau au chocolat). Les excipients composent 90% de la crème en question ; les principes actifs comptent pour 0,5 à 3% et donnent son identité à la crème : crème aux liposomes, à l'ADN végétal, à l'Arnica, etc...Le reste ce sont les colorants, les conservateurs et les parfums. La cosmétique classique utilisera plutôt des excipients d'origine minérale issus du raffinage des produits pétroliers car ils sont faciles à travailler, stables et bon marché.
En revanche, la cosmétique naturelle (que ce soit les chartes Nature et Progrès, Ecocert, Demeter ou le BDIH allemand) s'interdit l'usage des produits minéraux et animaux (sauf lanoline et cire d'abeille). Pourquoi ? Car les produits minéraux issus de la pétrochimie (vaseline, paraffine, glycérine) ne pénètrent pas dans la peau et n'apportent rien à l'épiderme. Ils sont considérés comme des produits « morts ». Weleda, producteur de cosmétiques naturels à philosophie anthroposophique, justifie ainsi sa position : « Les huiles d'origine minérale ne conviennent pas dans les produits de soin corporels car elles ne sont pas de la même famille que la peau. Elles ne stimulent pas les différentes fonctions de la peau. » Rita Steins dans son best-seller ‘La Vérité sur les cosmétiques' explique que « les paraffines dérivées du pétrole sont très avantageuses pour l'industrie cosmétique mais pas pour la peau que ces huiles artificielles empêchent de respirer ».
A l'inverse les excipients végétaux, notamment les huiles végétales, par leur pouvoir pénétrant et soignant agissent comme des principes actifs. En cosmétique Bio, les excipients ont aussi des principes actifs. Les huiles essentielles sont ainsi les seules substances qui traversent l'épiderme et le derme pour arriver jusqu'au sang. De plus en plus utilisées en cosmétique traditionnelle - elles ont aussi l'avantage de servir de conservateur. Bonne pour la peau, la cosmétique bio l'est aussi pour l'environnement : elle évite la fabrication et le rejet de produits toxiques pour la planète.
Qui peut encore justifier aujourd'hui l'usage des PEG et autres gaz de combat hautement toxiques qu'utilise encore l'industrie cosmétique dans ses formules magiques ? «Parce que vous le valez bien ! » nous dit le célèbre slogan : de plus en plus difficile à croire. La souplesse de notre épiderme l'emporte-t-elle vraiment sur la qualité de notre air ou de l'eau de nos rivières ? L'avantage de la cosmétique bio, c'est justement qu'on ne vous demande pas de choisir entre votre bien-être et celui de la planète : bon pour votre épiderme / meilleur pour l'environnement !
Commentaires () |
|
|
|
|
|